Le caractère inachevé de la limitation du mandat présidentiel au Sénégal.

Vraisemblablement, le Sénégal est un pays hors du commun. C’est un magnifique pays et ce, non forcément pour sa réputation de pays apaisé et stable ou encore pour sa marque démocratique mais plutôt le culte du palabre qui y fleurit. C’est le pays où on ne se lasse jamais du débat politique au point que ses 16 millions d’habitants sont presque tous devenus experts, analystes et spécialistes en la matière.  Mais on peut par ailleurs comprendre cela dans la mesure où notre histoire politique a souvent eu des tournures à débattre. Aujourd’hui on assiste à un énorme cafouillage dans la surface politique, résultat d’une conjoncture d’éléments et d’événements divers.

Interpréter l’article 27 de la constitution du Sénégal est le tabou de la république. Du moins elle n’est pas sans conséquences : des limogeages, aux  applaudissements sans oublier les procès médiatiques. Pour cause on considère que les termes de l’article 27 de la constitution du 22 janvier 2001, modifiée; issue de la réforme constitutionnelle de mars 2016 à travers la loi n°2016-10 du 05 avril 2016 est d’une clarté apparente et d’une insuffisance réelle. L’article en question est à bien des égards, en présence d’une mauvaise qualité rédactionnelle laquelle empêche une bonne compréhension entre l’esprit de la constitution et la volonté du législateur.

Le Sénégal s’est alors finalement aligné sur une tendance constitutionnelle en Afrique de l’ouest francophone à deux thèses qui se rapportent, d’une part, sur  la forme des regimes de gouvernance politique et financière et qui sont aujourdhui dans la plupart caractérisés par le monocentrisme présidentiel tendant vers un présidentialisme dur au point qu’il est de plus en plus difficile de distinguer dans nos états régime présidentiel et régime parlementaire; et d’autre part, sur le consensus autour du principe de la limitation même du mandat présidentiel. Si d’aucuns se demandent au nom de quoi on limiterait le mandat de quelqu’un qui est élu en toute indépendance par le peuple; d’autres suggèrent au contraire qu’il faut tout de même le limiter car permettant à la fois la consolidation du processus démocratique mais aussi une meilleure rotation de l’élite politique.

En réalité cette situation cause d’innombrables difficultés dans l’interprétation des dispositions y relatives. Les expertes et doctrinaires sont souvent dans des analyses obéissant à des calculs politiques. Ils produisent le plus souvent des interprétations pernicieuses modifiant et la lettre et le contenu de la règle de droit. L’institution constitutionnelle mère qu’est le conseil constitutionnel semble incorrigible dans sa logique timorée et amorphique. En effet notre histoire constitutionnelle révèle que les sages dudit conseil se sont déclarés six (6) fois incompétents. Autant dire que ce n’est pas le grand amour entre lui et les lois de révisions. C’est d’ailleurs pour cette raison que sa décision du 12 février 2016 s’est avérée controversée bien qu’historique car le conseil venait de se prononcer sur le contrôle de la conformité d’un projet de révision à l’esprit général de la constitution et aux principes généraux du droit. Par là, son raisonnement consistant à dire qu’une loi constitutionnelle ne peut prévoir sa propre rétroactivité car refusant d’accorder l’application de la réduction du mandat au mandat du président alors en cours, a laissé ses empreintes. Par ce motif, 45 Professeurs Universitaires n’ont pas tardé à monter au créneau pour rappeler au conseil que « par cette décision, il vient de créer une nouvelle règle de droit consistant dire qu’une loi ne peut pas prévoir sa propre rétroactivité, compétence qu’on ne lui connaît pas… ». Pour eux, le conseil développait une sorte de Maccarthysme constitutionnel, c’est-à-dire un gouvernement des juges. Mais ce raisonnement est en réalité à discuter car les motivations du conseil dépasse le seul cadre de la loi nouvelle et d’une bataille de compétences, mais plutôt s’étend à un souci normatif qu’il entend prévenir car la disposition de l’article 27 tel que élaborée dans le projet qui a été soumis à leur appréciation « menace la stabilité et la sécurité juridique des institutions… et constituerait précédent en la matière ». Cette solution a fortement été défendue par le Professeur Ismaïla Madior Fall, conseiller du président de la république d’alors et principal rédacteur du projet de loi de révision. Mais son raisonnement peut être considéré comme marginale dans la mesure où il était rejoint par une infime partie de la doctrine mais aussi semblait ne pas poser la vraie question car, en réalité, la réponse du conseil dépendait au fond de la question qui lui a été posée par le président Macky Sall : Que pensez-vous de ma volonté de réduire mon mandat en cours (de 7 à 5ans) en honneur à ma promesse électorale ? Telle n’était pas la bonne formule selon le Professeur Mody Gadiaga qui, parlant du conflit des lois dans le temps, estime que le conseil pouvait bien prévoir qu’une loi nouvelle rétroagisse. Il fallait donc purement et simplement demander au conseil : Comment faire pour réduire et appliquer la réduction du mandat au mandat en cours du président de la république ? Là, le conseil aurait eu la latitude d’agir en faiseur de système et non en un simple conseiller qui ne le permettait d’émettre qu’un avis facultatif et non une décision qui s’impose aux pouvoirs publics.

L’ambiguïté des termes de l’article 27 de la constitution notamment pour le décompte du nombre de mandat du President Sall trouve donc son origine non pas dans ce « oui mais » du conseil mais plutôt dans la suppression, en 2016, de l’ancienne article 104 introduite par le Président Abdoulaye Wade. En limitant le nombre de mandat du président de la république et en, en fixant la durée à 7 ans, le président Abdoulaye Wade, en bon juriste et tacticien politique a pris le soin d’introduire ‘l’article 104 contenu dans le Titre XIII relatif aux dispositions transitoires qui dispose « Le président de la République poursuit son mandat en cours jusqu’à son terme.
Toutes les autres dispositions de la présente Constitution lui sont applicables ». Alors ne faut-il se demander quelle était donc l’économie de la suppression dudit article ? D’autant plus le problème de la limitation du mandat présidentiel s’est posé avec plus d’acuité dans cette nouvelle version(2016) de la constitution du 22 janvier 2001 que dans sa première version ou encore dans celle du 3 mars 1963.
En définitive quoi qu’il en soit, les juridictions constitutionnelles jouent un rôle non négligeable dans la maintien de la stabilité des institutions dans nos Etats. Et comme l’affirme le Docteur en Droit Adamou Issoufou, dans un article publié sur Afrilex,  « Qu’il soit vénéré ou qu’il soit décrié, le juge constitutionnel est,aujourd’hui, élevé à la dignité de gardien de la constitution », au Professeur Ismaïla Madior Fall d’ajouter que « même si aucun des deux n’est souhaitable : mieux vaut un gouvernement des juges qu’un gouvernement sans juges ». Il faut même encourager ces prises d’audace de nos sept sages car c’est par pareille démarche d’auto-attribution de compétences inédites que la juridiction constitutionnelle Béninoise est devenue au fur du temps, la référence en Afrique francophone.

OMAR SADIAKHOU, Droit public, UGB, Saint-Louis.

La République des vampires : SONKO à tout prix.

Fouiller, persécuter, traquer, accuser, piéger, malmener, liquider politiquement et à la limite tuer. Tel est le plan crapuleux du système contre Ousmane Sonko. Dans la république des vampires dirigée par le Maquis tous les moyens sont bons pour confisquer le pouvoir. L’héritage de la bassesse semble se fruictufier d’années en années. Du Professeur Cheikh Anta Diop en passant par le Président Mamadou Dia et le Juge Me Babacar Sèye jusqu’aujourd’hui au Président Ousmane Sonko, les différents régimes tyranniques et dictatoriaux du Sénégal ont sucé notre démocratie de sa substance fondamentale : la liberté d’expression politique.

L’expression politique de l’opposition est freinée de tout bord. Entre emprisonnements arbitraires et diffamations inscrupuleuses : les manigances et les plans démoniaques et sataniques ne manquent pas. Il est dit que l’éclat de rire est la première source du désespoir et de la rage, dans le même sens l’usage illégal de la force publique, devenue d’ailleurs illégitime sous le poids des violations de droits naturels et fondamentaux même les plus minimaux, est le signe du déluge, du déclic et du cataclysme. La fin est proche et demain c’est maintenant.

Le but en commun des patriotes du Pastef est plus noble que celui de leurs supposés alliés de l’État islamique.

La levée de fonds international initié par le Pastef suffit et dépasse largement les supposés financements Russes et de la Mfdc.

La levée de fonds internationale du Pastef est plus légale que 29 milliards du Prodac, les 94 milliards des impôts et domaines, les 6000 milliards de Pétrotim, les 30 milliards de DDK, les 8 milliards de la caisse noire du palais,…

Les plaintes de Ousmane Sonko dans les affaires dites des 《94 milliards》 et 《Pétrotim-Aliou Sall》sont plus fondées, réalistes et urgentes que celle dans l’affaire 《Sweet beauté》contre OusmaneSonko.

Les virements corromptueux de Timis au frère du Maquis sont plus scandaleux que les supposés virements de Yayah Diammeh, Tullow Oil et Karim Wade à Ousmane Sonko.

Le programme politique du Pastef est plus crédible et transparent que le Plan sénégal énervant.

Enfin, la franchise, l’intégrité, la loyauté, la probité, l’engagement et l’honnêteté du Président Ousmane Sonko envers le peuple sénégalais est infiniment plus honorable que la servitude et la complicité du Maquis avec le jeune sorcier blanc aux oreilles longs et tendus.

Omar SADIAKHOU, étudiant en Droit, UGB.

Les relations humaines à l’épreuve de la covid-19.

La maladie à coronavirus a vraiment ébranlé le monde. Elle a fait des ravages extrêmement violents voire hécatombiques. Entre pertes en vies humaines; immenses mobilisations de moyens financiers; fortes implications de ressources humaines toutes catégories confondues, j’en passe, la pandémie communément appelée coronavirus et dont l’OMS (organisation mondiale de la santé) a préféré la dénomination de la  » covid-19 (Coronavirus disease 2019) » a dévoilé à la face du monde entier la vulnérabilité de nos moyens de défense sanitaires.

La vulnérabilité des systèmes sanitaires qui inspiraient autrefois confiance.

D’abord avec le nombre exorbitant de contaminations, hospitalisations et morts enregistrés dans le monde, c’est les systèmes de santé qui en ont perdu en réputation. C’est effet les pays aux plateformes sanitaires très avancées et sophistiquées qui éprouvent plus ce sentiment de déception. Faut-il continuer à croire à l’inébranlabilité de leurs systèmes ? La réponse la plus adéquate, semble-t-il, est certainement non. En ce jour, 103 373 840 cas de contaminations ont été détectés dans le monde contre 2 237 750 décès et 57 289 730 guérisons. Ces chiffres ne sont que les statistiques journalières du mercredi 3 février 2021 autant dire que la situation sanitaire mondiale est alarmante. Les millions de morts enregistrés aux USA, en Europe et en Chine ne peuvent qu’inquiter les pays aux systèmes sanitaires peu développés. L’argument des conditions climatiques et géographiques n’est ni rassurant ni factuel pour ne pas tomber dans la peur, l’inquiétude et la confusion. La peur de tout et de tout le monde; l’inquiétude de sa survie et de son dépérissement et fin, la confusion du vrai et du faux dans un monde aux propositions politiques de sorties de crise, de vaccins et de plans de relance économique aussi multiples que contradictoires. Les polémiques sur les premiers résultats des travaux scientifiques des différents laboratoires pharmaceutiques en vue de trouver un vaccin efficace contre cette pandémie, sont tous aussi troublants que les résultats issues de leurs premiers essais cliniques. Que ce soit le Pfizer-bioNtech américano-allemand, le moderna euro-américain, l’Astrazeneca européen , l’artémésia malgache ou encore le sinovac chinois,… aucun n’a réussi à mettre le monde d’accord. Les enjeux géopolitiques qui en sont les soubassements sont énormes et demandent à mener beaucoup de calculs politiques ce qui encore une fois montre la mainmise de la politique sur l’urgence de sauvetage des populations.

Le doute sur l’efficacité de notre système d’enseignement.

Par ailleurs, la pandémie au niveau sénégalais, a montré une facette de l’enseignement et de l’apprentissage dans les différents niveaux des écoles. Le taux exceptionnel de réussite aux différents examens primaire, secondaire et moyen au Sénégal ont bien illustré cela. Les résultats sont satisfaisants. Sur ce point, beaucoup de ceux qui s’étaient prononcées sur la question ont établi des raisonnements simplistes et superficiels dans la mesure où, le parti de la profondeur nous permet de constater que contrairement aux thèses de tricheries et de complicité du corps enseignant qui sont avancées; il ya au fond un véritable appel voire une nécessaire réforme du système éducatif sénégalais. Réforme qui consistera à mettre dorénavant l’accent sur l’enseignement informatisé et digitalisé. C’est un combat que le très éminent Professeur Mary Teuw Niane et d’autres collaborateurs mènent depuis de lustres. Leurs vœux seraient alors à apprécier à un double niveau : en premier lieu, il s’agit d’adapter nos programmes scolaires à nos réalités sociales, notre vécu et notre besoin du marché et en second lieu, de réactualiser nos méthodes d’enseignement aux évolutions scientifiques innovantes du monde actuel, chose qui fera office d’employabilité de nos diplômés et autres ressources humaines formées par nos différentes structures de formation.

Accentuation de la rupture de confiance sur la scène politique.

Au plan politique la covid-19 n’a pas vraiment arrangé les choses. Les acteurs ne se croient plus d’autant plus qu’ils ne l’ont jamais vraiment fait. Le Sénégal a pourtant bien entamé sa lutte contre le « virus chinois ». Les débuts de la lutte ont vu le peuple sénégalais se constituer en un bloc solide autour de son Président de la république. Cette unité populaire nationale ne fera cependant pas long feu. Le manque de transparence dans la gestion des fonds de lutte mobilisés à cet effet dénommés « force fonds covid » a été une pomme de discorde en plus de la politisation de la constitution de son comité de suivi. Ce comité qui a été en réalité disloqué par un désaccord sur la rémunération de ses membres à titre de per-diem. L’ingratitude, l’individualisme et l’opportunisme du Sénégalais ont encore une fois conduit en échec un vaste et important processus à la fois démocratique puisque regroupant tous les acteurs de la classe politique; mais aussi patriotiques au sens où ça regroupait aussi toutes les classes sociales. Ainsi l’urgence politique prime sur l’urgence sanitaire, lesquelles forment un triangle vicieux avec l’urgence économique. Cela a eu d’énormes conséquences socio-politiques car les mesures ou actes de gouvernement ont suscité de fortes et troublantes réactions populaires ayant conduit à des émeutes, manifestations saccageantes et même quelques pertes de en vie humaines. Si au sens de Julien Frœud la politique n’a affaire avec le mal que pour le canaliser et en limiter conséquences, il faut objecter que la politique sénégalaise fait exception. Elle a affaire au mal pour d’avantage agraver la misère du peuple, ne serait-ce que par la gestion scandaleuse de l’aide alimentaire initiée par le gouvernement à cet effet. Les suspicions sur l’utilisation du fond colossal de 1 000 milliards de fcfa (fond force covid) ainsi que les allégations de distribution politique et arbitraire de l’aide alimentaire ne sont toujours pas vidées de leurs zones d’ombres.

L’ équation majeure : religion et mesures barrières.

La pandémie à coronavirus a failli plonger le monde musulman dans un chaos total. Elle l’a presque divisé. Les uns, favorables à la fermeture des mosquées signe de respect des mesures barrières édictées par les autorités sanitaires; et les autres choqués par cette fermeture de ces lieux sacrés trouvent hérétique cette décision. Qui aurait tort et qui aurait raison ? Moi je l’ignore mais Dieu est le plus savant. Il en reste alors que ça devient une question de responsabilité personnelle à incidences collectives. Il en est de même pour le monde chrétien. Là, le Pape François, chef du Vatican et guide des catholiques, a appelé à la prise de responsabilité considérant d’ailleurs le refus de se faire vacciner comme du négationnisme suicidaire. Au Sénégal, les avis sont tous aussi différents que controversés. Les familles religieuses dites « tarikha » ont pris diverses positions selon celles de leurs guides appelés « khalifes généraux« . Les uns ont jugé impératif d’organiser leur cérémonie mémorielle annuelle pour vaincre le virus au moment où les autres jugent prudent et judicieux d’annuler ces cérémonies ainsi que tout autre rassemblement à caractère religieux. Ces décisions obéissent-elles à des calculs politiques d’autant plus qu’au Sénégal les relations entre les politiques et les religieux sont d’apparence incestueuses ? Là encore j’ignore et sur ce, je prends congé de vous chers lecteurs.

Bonne lecture !!!

Argent et pouvoir chez nous.

Une société aux rapports modelés par l’argent.

Le malheur chez nous ne vient pas seulement des épreuves auxquelles la vie nous confronte. Il résulte le plus souvent de notre état d’esprit vis-à-vis de ce que nous vivons, de notre sens du matériel et du façonnement de ce qui nous lie à titre de rapport aux autres. Nous portons malheureusement un grand intérêt à l’argent, plus précisément nous modelons notre statut social selon qu’on en possède ou non. De là, se constitue tout un pharamini de schéma ayant trait à la haine fraternelle et à la crise de succession : si dans le cadre stricte la famille et; à la tentation, à la dépravation, à la cruauté : si dans le cadre de la société plus globalement. Alors chez nous un pauvre, s’il convient même de qualifier une personne aux moyens réduits comme tel, va de pair avec un autre du même rang, là aussi je mesure avec prudence la prétention que ça suscite de nommer comme tel des êtres humains comme nous. Et à l’inverse ceux que la société, dans sa différenciation discriminatoire et choquante de ses composants, s’est arrangée à qualifier de riches, vont eux aussi ensemble. C’est une disposition qui n’obéit pourtant à aucune pratique religieuse monothéiste. Car Dieu en créant les Hommes, l’a fait en les mettant au même pied d’égalité. Les notions de riches et de pauvres ne sont nullement significatives à son sens au point d’en faire un critère de traitement entre ses créatures. Si tel n’était le cas, il nous aurait créé de matières différentes. Ceux qui s’efforcent à nous différencier par la couleur de la peau sont simplement simples d’esprit comme pour dire que l’idée est aussi illogique que impertinente dans la mesure où la fin est commune pour tout être humain : c’est la mort. Son modus operandi est plutôt flexible selon le degré de piété, de foi, d’actions et de volonté des uns et des autres. C’est alors dire que notre intérêt nocif pour l’argent cause d’énormes dysfonctionnements dans notre société. D’abord, l’argent altère notre sens unitaire de la famille ce qui empoisonne bon nombre de fraternités par le climat de méfiance et de soupçon qui en découle; ensuite corrompt notre instinct de solidarité et de partage promouvant l’individualisme par la compagnie sélective entre orgueil et vanité; puis réoriente notre jugement d’apparence sur les autres caractérisé par notre apologie du préjugé et de la calomnie, et enfin, dénature notre pratique religieuse au point qu’il nous est de plus en plus difficile de s’identifier à proprement parler à une religion précise.

Une société hypertrophique au pouvoir.

Dans nos sociétés on a cette mauvais culture de diviniser nos dirigeants. C’est l’hypertrophie du pouvoir. Le pouvoir, chez nous, est de facto synonyme d’élévation au rang de surhomme. Certains n’hésitent même pas à en faire de l’hérésie et de l’association dans la pratique à l’égard de Dieu, le tout-puissant. Que ce soit pouvoir religieux, politique ou culturel, nous y accordons trop d’importance. Le plus déplorable vient d’ailleurs de la conduite innovatrice et idolâtrice de bon nombre de chefs religieux, surtout musulmans dans notre pays. Il est de plus en plus difficile de discerner dans leurs actions farata (obligations divines), sunna (traditions prophétiques) et bidaa (innovations). Beaucoup d’entre eux entretiennent leurs disciples aux fins de satisfaire à une commande de clientèle politique ou usages lucratifs moyennant d’énormes sommes d’argent. C’est la commercialisation de l’enseignement coranique au Sénégal. Et pourtant c’est bien au regard de comment nous réagissons à leur égard que ces dirigeants choisissent le comment de leur comportant vis-à-vis de leurs administrés. Un peuple poli et cultivé n’a que faire d’une quelconque autorité humaine pour bien vivre. Sa politesse annihile tout risque de cruauté et de représailles. Sa culture du monde et son intellect écarte tout risque de déviance et rassure en tout point sur sa capacité de bonne conduite morale. C’est malheureusement pas le cas chez nous où pouvoir rime avec arrogance, orgueil, vanité, abus, vol et pillage. On gouverne alors par la persécution et l’oppression et dans l’autre sens on vit dans la crainte et la souffrance. Forcément la légitimité des gouvernements est sans cesse remise en cause et par là même une réfutation de la légalité des actes qu’ils posent. Mais, il faut le souligner, c’est bien difficile de caractériser les abus lorsque les droits et devoirs sont confondus et ne sont plus à juste titre accomplis. Il ya là un laxisme populaire auquel il convient objectivement d’amputer les dérives de ceux qui gouvernent. Il faut savoir se lever, se rebeller et se révolter lorsque les garanties d’un ordre dit public s’emballent avant que l’ampleur y relative ne déborde; et, savoir faire un distingo entre urgences sociales, priorités socio-politiques et futilités ou diversions politiques, sinon, à défaut de le faire les conséquences seront énormément dures à encaisser et encore plus amères à vivre comme nous le vivons chez nous au Sénégal, au Mali, en Guinée, en Gambie, en Libye, en Birmanie, … .

Peut-on considérer le panafricanisme comme une forme de pensée politique ?

Étant noir, parler de panafricanisme n’est pas une chose aisée. Les implications liées à cette notion ou même ce concept je devrais dire, sont énormes et rendent son étude encore plus complexe. Il faut alors s’y prendre avec précaution pour éviter de basculer dans la prise de position partisane ou détracteur; et par là parler comme noir et non comme analyste objectif et neutre. C’est sur ces attentions que l’on va devoir élucider la question susmentionnée.

La pertinence du panafricanisme comme forme de pensée politique

Considérer le panafricanisme comme une forme de pensée politique, oui l’idée peut pertinente dans la mesure où, il constituerait un moyen de se légitimer politiquement par une entière affirmation de son Africanité. Se reconnaître panafricain c’est alors là se reconnaître purement africain. Il nous permet alors de se doter d’une forte attention populaire, laquelle est elle-même fondée sur l’obligation d’assumer son appartenance à l’Afrique ainsi que son dévouement pour l’intégrité du noir. L’acquisition de ce rang ou statut dans la société africaine est d’une immense et primordiale importance pour tout panafricain qui aspire à exercer le pouvoir politique en Afrique. Alors, c’est dire que l’électorat africain s’est panafricanisé et par là même on assiste sans grand bruit à la panafricanisation de la politique en Afrique. Les régimes dont les chefs se sont montrés non panafricains mais panafricanistes, ont acquis le soutient exorbitant du peuple noir. Il y a là un sentiment de légitimité. Et au demeurant, beaucoup de pays ont contracté le virus du panafricanisme entraînant la déstabilisation voire même la chute de leurs régimes. Le combat panafricain gagne alors du terrain dans le système politique africain et se voit de plus en plus encré dans les consciences populaires. Ses principaux tenants des temps coloniaux à aujourd’hui, à travers les Thomas Sankara, Modibo Keita, Natalie Yamb, Kémi Séba,… pour ne citer que ceux-là, ont gagné en dignité politique plus que bon nombre de politiques ou politiciens. Leur mission consiste en une invitation de l’africain à reconnaître qu’il est noir à tout égard mais aussi interpeler suffisamment sa conscience sur la nécessité pour lui réduire son sentiment de complexité, d’infériorité et de complaisance vis-à-vis des autres races.

C’est alors en cela que sous un autre angle l’émergence de la pensée panafricaine se rattache à une forme d’organisation, de dévolution et d’exercice du pouvoir politique conformément aux réalités africaines. La politique aujourd’hui pratiquée en Afrique n’est pas la plus appropriée. Les principes qui la fondent et gouvernent sa manifestation sont terribles. Ils sont incompatibles les maux sociétaux de notre continent. La demande noire en générale est d’abord culturelle. L’Afrique, comme toujours, exprime un besoin fort de faire reconnaître sa culture afin d’assurer sa survie et celle de ses générations futures, par un enseignement constant et juste de son vécu. C’est là un vœu cher au Professeur Iba Der Thiam tout comme à M. Joseph Kizerbo. Ainsi《l’urgence panafricaine》 au sens de M. Kémi Séba, propose une nouvelle formule pour l’exercice du pouvoir politique en Afrique par laquelle le panafricanisme saurait se transformer en pensée politique. Le pouvoir au sens panafricain promeut l’équité, l’éthique, la justice et surtout le patriotisme. Le parti dit Pastef les patriotes est bien sur cette lancée au Sénégal. Le développement est alors fondé sur ces principes et non sur une logique politicienne et partisane. Acquérir le pouvoir pour caser sa clientèle politique est bannie du programme panafricain. Ce sont là des motivations au soutien que les corporations panafricanistes comme le mouvement Y’en marre, le Frapp France dégage, urgence panafricaine,… ont sans faille, apporté aux peuples Guinéen, Malien et Sénégalais dans des luttes anti-dictatoriales et contre des abus de pouvoir. C’est, à titre d’exemple, le cas au Sénégal lors des manifestations populaires contre la hausse du prix de l’électricité, en Guinée contre la troisième candidature du Pr Alpha CONDE. L’école panafricaine est donc la version Africaine de l’école de la bonne gouvernance, des leaders idéals pour l’Afrique et, par là ambitionnerait de former des élites politiques bien pénétrées de la culture, de l’histoire et des réalités africaines. La doctrine panafricaine du brillantissime Professeur Cheikh Anta Diop, véhicule cette vision du patriotisme panafricain. Il faut essayer de rechercher l’équilibre dans cette lutte de considération et d’affirmation par la connaissance. Ainsi là pour lui, 《à connaissances égales, la vérité triomphe》. Les peuples africains doivent donc se cultiver davantage sur les enjeux politiques de leurs Etats pour combattre toute tentative pression et de manipulation intellectuelles par des cerveaux impérialistes, coloniaux et envahisseurs.

Quelques réserves sur le panafricanisme comme forme de pensée politique.

Il serait judicieux de penser le panafricanisme politique avec précaution. Promouvoir la philosophie de cette idée comme pensée politique peut s’avérer irréaliste et relèverait même de l’utopie. Un panafricanisme du développement indépendamment du reste du monde est semblable à un projet vain. Les impacts de la mondialisation et les activités géopolitiques et militaires des Etats sont troublantes et entraînent d’énormes besoins de collaboration. Les urgences économiques et sociales ne laissent pas le choix. Les problèmes des États sont aujourd’hui communs, donc les solutions doivent être concertées sinon les risques de périr vont bien s’abattre sur bon nombre de pays. Les pays jadis craints pour leurs puissances militaires et économiques se sont avérés aussi vulnérables que les pays pauvres ou moins développés. Les évidences créées par la pandémie de la covid-19 sont claires. Les systèmes de santé réputés les plus efficaces n’ont pas pu faire moins de pertes en vies humaines que ceux des pays sous-développés. Ces dégradations des rapports de dominance et d’infériorité entre les États imposent une nécessaire redéfinition de leurs relations. Elles impliquent également la révision des données économiques poussant les plus riches à opérer un technique de protectionnisme au moment où les plus endettés ne cherchent non pas à se réendetter mais plutôt à se libérer, sans paiement, des dettes déjà contractées. Tel est le sens de l’appel initié par le Président de la république du Sénégal, M Macky Sall, qui au regard des chocs exogène subis par les économies de la plupart des pays Africains, a convié ses pairs à demander auprès de leurs créanciers des demandes en annulation de la dette Africaine. La démarche s’est montrée insolite et choquante mais pourtant l’analyse qui prend le partie de la profondeur permet de se rendre de la nécessité de diligenter les rapports interétatiques. Quel pays ose fièrement se bomber le torse d’avoir vaincu la pandémie sans voir son économie s’emballer en déclic? Aucun bien sûr, alors la question n’était pas de se libérer des dettes par une annulation ni même une nouvelle contraction. Il s’agissait plutôt de prendre conscience de l’évolution des repères économiques lesquelles imposent à tous les pays de prendre de leur responsabilité et surtout de réaliser la nécessité de jouer la survie de leur économie et autres secteurs clés par des collaborations avec leurs pairs. Mais si l’idée ne correspond pas aux vouloirs du panafricanisme, il faut alors dire que la question du développement serait en ballottage car, bien sûr l’Afrique possède d’énormes ressources naturelles et une masse importante et intéressante de jeunes aux qualitésprofessionnelles très développées, il ne saurait à lui seul consommer ses productions. Les politiques d’ouverture de la Chine au marché international sont illustratives en ce sens. Elles montrent que même si les pays peuvent se développer par une véritable politique d’intégration patriotique et participative, un usage de ses ressources humaines et naturelles; il faut tout de même souligner que la consommation et l’écoulement des produits obéissent à d’autres types de rapports que la production. Le refus des États-unis à autoriser sur le sol américain certains produits Chinois, Européens et Mexicains ont entraîné une terrible surproduction de maïs génétiquement produits. Les pertes liées à cette surproduction sont grandes.

Enfin il convient de signaler que dans le combat panafricain réside le risque de verser dans du racisme. Le panafricanisme exacerbé s’assimile alors au racisme. Si le mécontentement de certaines classes de la société occidentale vis-à-vis de la forte immigration des noirs vers l’Europe est considéré comme raciste, l’Afrique est alors tenté par le même risque. Les mouvements tels que la génération identitaire et le defend the europ sont radicaux et défavorables à tout projet d’unification des peuples du monde. Ces mouvements ethniques que certains désignent sous le nom de populisme, malgré la noblesse contenue dans la notion de peuple, continuent d’opprimer et de persécuter les noirs. Justement, si le panafricanisme comme on le connaît et vit aujourd’hui venait, par excès de but, inadvertance ou radicalisme à s’affirmer comme une réaction à cette précarité de la condition noire. Dès lors c’est aisément dire que si la philosophie d’un panafricanisme exacerbé entend répondre au racisme blanc par pareil traitement : le racisme ne serait plus que blanc, il serait aussi noir, en foi de quoi je trouve que la formule 《black lives matter》 est à réviser voire abroger.

MISSIRAH (tamba), gestion politique chaotique et alternatives populaires.

AVERTISSEMENTS : L’objet de cet article est d’exposer la situation actuelle de la commune de Missirah en général et particulièrement le village de Missrah (située à une trentaine de kilomètres de Tamba). Les arguments qui y sont développés restent dans une ligne d’objectivité scientifique et de neutralité absolue; toutes deux adossées à une claire honnêteté intellectuelle. Cela exclut dès lors toute idée de personnalisation et met ainsi en garde contre tout usage des termes y contenus à d’autres fins que celles d’éclairer la population de Missirah sur des questions politiques, lesquelles concernent directement sa propre commune, son propre village. De ce fait j’attache une forte désapprobation à toute reprise de mes propos à des fins de propagandes politiciennes car telle n’est pas mon dessein.

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Ainsi pour mieux exposer ce sujet, d’emblée vaste et complexe, il serait important de faire le point sur la situation politique actuelle de missirah par une mise à nue d’une gestion politique assimilée à un chaos (I) avant d’analyser les initiatives prises par la population elle-même en guise d’alternatives aux déroutes politiques (II).

I- La gestion politique chaotique de la commune de Missirah

Il y’a à Missirah un grand fossé entre l’esprit du principe de la décentralisation et sa mise en œuvre. Les attentes, objectifs et valeurs (A) de ce principe sont tout le contraire de la réalité politique à Missirah (B).

A● L’util rappel de l’esprit du principe de la décentralisation

La décentralisation est un principe fondamental de l’Etat unitaire. Elle consiste à la création de collectivités locales pour la gestion des affaires publiques dans une localité donnée.

Dans ses objectifs principaux, on trouve ainsi l’idée d’un désengorgement du pouvoir central en le libérant par un transfert de certaines de ses compétences ou tâches désormais attribuées aux collectivités locales. L’Etat central se libère ainsi d’un certain nombre de travaux en créant des entités locales auxquelles il confère un pouvoir d’exécution accompagné de moyens financiers, matériels et parfois techniques.

Ensuite nous pouvons retenir, l’adaptation des décisions politiques aux demandes sociales. C’est donc dire que les décisions reflètent beaucoup plus les réalités locales lorsqu’elles sont prises sur place. Par cette adaptation, les décisions politiques sont de natures consenties et adéquates car étant conformes de façon précise aux aspirations de la population locale.

Enfin, on notera la proximité politique qui se crée par la décentralisation entre gouvernants et gouvernés; administrateurs et administrés. Dans ce cadre l’action politique est beaucoup plus sentie et présente. Les demandes sociales sont bien reçues dans un temps plus rapide et plus immédiat permettant ainsi un traitement rapide des affaires courantes.

B● La réalité de la vie politique à Missirah

Si le principe de la décentralisation est tel que ci–haut présenté, il faut admettre qu’à missirah sa mise en œuvre est tout sauf une politique de proximité, de désengorgement ou d’adaptation des décisions politiques aux réalités sociales locales. Le bilan est vide voire nul. Et sur ce, je me dis même, sous rapport personnel, que l’érection du village de missirah en commune n’a été d’aucune importance et pire, cela rime avec une réelle régression en terme de développement et, plusieurs points l’expliquent.

D’abord, comme voulu par le mécanisme même de la décentralisation au Sénégal, le transfert de compétences autrefois dévolues au pouvoir central à une collectivité locale, s’accompagne de moyens financiers et parfois techniques dont la gestion est dévolue aux collectivités locales sous un regard inspectif de l’Etat. Sauf que dans ce sens, Missirah n’est pas bon élève. Car si les moyens de l’État sont acquis aux fins de réaliser des ouvrages à utilité publique et mettre en place des programmes ou projets d’utilité publique aussi ; on ne peut faire un tel constat à Missirah. Il y’a alors une fragmentation des moyens sans utiles réalisations. Car il faut le souligner, les mairies tirent un réel profit des taxes et impôts collectés sur les marchés locaux et d’autres secteurs assujettis à leur contrôle. Au surplis, les collectivités gagnent, à travers le concours financier de l’Etat via des mécanismes tels que la CGU (Contribution Globale Unique), la CGF (Contribution Globale Foncière),… lesquelles attribuent 60% des recettes aux collectivités locales contre 40% pour l’État. Cette question des impôts n’est plus des moindres au Sénégal. En effet, dans sa logique d’enrichissement de la constitution dans sa forme sociale, la loi constitutionnelle n°2016-10 du 05 avril 2016 portant révision de la constitution, a apporté parmi ses quinze (15) points, la transformation du droit de payer les impôts en obligation de payer les impôts, une mesure considérée dailleurs comme l’une de ses principales innovations. Cela veut donc dire que depuis 2016 le versement des impôts à l’État et aux collectivités locales est devenu une obligation au Sénégal. À missirah, ces taxes et impôts sont bel et bien payés à travers les entreprises implantées sur place, les différentes cantines implantées sur des espaces appartenant à la commune ou encore les vendeurs qui occupent les marchés. Pour donner une idée sur la question, aujourd’hui il est estimé à plus de 400 vendeurs à tables qui occupent le marché de Missirah, tous soumis à un paiement annuel d’impôts, lesquels sont collectés par les agents municipaux. Il faut ajouter à cela, les entreprises locales qui sont soumises aux mêmes obligations. Et donc, en résumé la dizaine d’entreprises, les 180 et poussières de cantines, les 400 vendeurs à tables et plus de 300 boutiquiers, versent chacun par an, entre 15.000 et 25.000 fcfa aux commissaires de la mairie. La Somme est colossale. Elle est énorme. Et pourtant, aucune réalisation, sensée se faire en contrepartie à l’encaissement de ces sommes colossales n’est aujourd’hui remarquable à Missirah. Ça donne froid aux yeux. Ça dépite et il reste d’autres cas de figures.

L’incompétence des acteurs politiques est alors un fait palpable devenu plus qu’une évidence. La politique au sens missirois est traduit par la formule suivante 《La politique, ma famille》. C’est par là une caracterisation du manque de volonté des acteurs politiques. Et la famille est devenue le rido qui sert à la maquiller et la camoufler pour ne pas en montrer les sombres détails. Il faut changer la donne. Il faut le faire par une véritable initiative de se démarquer des idées passéistes de suivre ses aïeux dans leurs magouilles et logiques de 《personnalisation et de familliarisation》de la chose publique; forcément sans réels fondements.

Cette incompétence politique est poussée à son paroxysme dans le domaine de l’éducation. Là aussi, si ce n’est les gels hydro alcooliques et les quelques masques que les autorités municipales ont pu donné à certaines écoles de la commune, rien d’autre n’est notable comme réalisation phare. C’est regrettable. En parlant de santé, on a les mêmes maux. Les quelques réalisations qui y sont faites sont l’œuvre des immigrés de missirah (centre de santé, ambulance,…). Pourtant le jeune Maire de la toute récente commune de Dialacoto, a bien montré l’exemple en dotant ses écoles d’un lot suffisant d’uniformes scolaires, d’équipements pédagogiques et autres matériels nécessaires au bon déroulement des cours dans les établissements élémentaires et moyens de sa commune. C’est une volonté politique à saluer. Le message lancé à la population de missirah est alors de se passer de sa vielle classe politique et d’aspirer à donner ses chances à la jeunesse.

Cet échec politique n’est pas simplement une question d’incompétence car il y’a aussi un manque de maîtrise des enjeux du monde moderne. Nos politiciens sont de la vielle époque, ils maîtrisent peu de compétences dans l’administration des collectivités. Ainsi il est temps de les changer et de les mettre absolument de côté pour laisser la place à des jeunes aux niveaux d’études plus adaptés et solides pour gérer la commune. Si le mode d’élection des maires ne retient pas essentiellement le critère du niveau et capacité intellectuels, il revient aux populations de faire preuve de maturité, de prendre leur responsabilité et de considérer l’intérêt supérieur de la collectivité pour élire le bon profil. Bon profil en terme d’engagement, de dévouement, de bonne foi, d’honnêteté, d’éthique et surtout de neutralité. C’est un choix qui semble certe difficile en raison de nos fortes considérations mythiques encrées autour de la famille, mais qui est plus que possible d’autant plus que c’est devenu un impératif catégorique pour le développement de Missirah où il n’y a au moment où j’écris ces lignes, aucun centre de formation pour les jeunes. Alors il faut se demander où sont passés tous les fonds versés par l’État en guise d’appui à la commune sur la base des accompagnements financiers dits concours financiers? Dans quoi est donc dépensé tout le budget de la municipalité puisqu’il faut le dire, elles ont une autonomie budgétaire ? Car c’est encore plus difficile à comprendre quand on dévoile que la mise des 《navétanes》 est de 25.000 fcfa et exceptionnellement d’environ 75.000 fcfa à Missirah. Cela n’est pas surprenant car il n’y pas même pas de terrain de football adéquat à missirah ni même un mini stade municipal pour la commune. Mais pourtant encore une fois, la jeunesse, le sport et les loisirs sont compris parmi les neuf (9) domaines de compétences des collectivités locales.

II- La mobilisation populaire en alternative au chaos politique

Heureusement que le développement de notre chère commune ne dépend uniquement pas ses politiciens. Heureusement encore que la population a conscience de cela. Les invitations de la jeunesse locale et de la diaspora à la mobilisation et la conjonction des moyens (A) est ici d’une importance capitale bien que quelques inssufisances semblent gangrener cette voie (B).

A● L’apport des initiatives de la jeunesse missiroise

Premièrement on a la promotion de l’éducation qui, pourtant fait partie des neuf (9) domaines de compétences de l’État que la loi n°96-07 du 22 mars 1996 portant transfert des compétences aux collectivités locales, a attribué aux mairies. Malheureusement à missirah c’est plus par l’action de la jeunesse que des autorités municipales que cette tâche est assurée. C’est en cela que par ses partenariats salutaires, l’association Youbari qui regroupe bon nombre de ressortissants du village de missirah en Espagne, est aujourd’hui entrain d’accomplir un excellent travail au lycée Ex-Cem de missirah, par le construction de Salles de classe. Et moi-même, j’ai durant une partie de mon cycle moyen et seconde appris dans ces salles.

À cela, il faut ajouter les efforts de l’association Bénafa dans l’etretien de l’environnement, du cadre de vie à missirah. Là aussi, l’hygiène, l’habitat, l’environnement et le cadre de vie font partie des neuf (9) domaines de compétences que la loi du 22 mars 1996 attribue aux communes. Par son dévouement et son amour pour sa localité, cette belle et prometteuse association des ressortissants de missirah à travers un peu toute l’Europe et ici même, assure une propreté à la commune. Par ses propres moyens, Bénéfa assure le recyclage des déchets par l’emploie des plusieurs éboueurs dotés de moyens logistiques et d’équipements pour le bon accomplissement de leur mission. C’est la preuve d’un échec politique total à missirah. Sans oublier, nous noterons là aussi que la seule ambulance fonctionnelle au poste de santé de Missirah est le fruit des partenariats de ses immigrés. Toutefois, il faut tout de même souligner quelques manquements à ces initiatives.

B● Les problématiques avec ces initiatives

La première se rapporte à une mauvaise pratique de gérants locaux pour le compte de la diaspora. Ici, un peu à la manière des politiciens, certaines initiatives de la diaspora sont avortées et mises en ballottage par la pratique magouilleuse et vicieuse de ceux à qui leurs gérances sont confiées. Ces derniers sont souvent cités et impliqués dans des affaires de détournements et d’escroqueries. Ils annihilent toute ambition d’investir dans sa localité car usant des moyens et deniers publics à des fins personnelles. C’est une forme de rupture de confiance et de la volonté de travailler chez soi et de faire travailler les siens.

L’autre problème notable est le manque de suivi des associations créées sur place. Plusieurs associations à buts non lucratives, qui ambitionnent de mener des missions pour la cause sociales sont soit mort-nées soit s’éteignent tacitement. Par ma poste de Président que j’occupe dans l’une d’elles, je me crois bien placé pour abordé la question. Ce manque de suivi ne doit cependant pas être assimilé à un manque de volonté et à une intrusion de mauvaises intentions dans la conduite des activités. Souvent, la direction de ces associations est assurée par des jeunes qui par leur statut d’étudiants ne peuvent passer beaucoup de temps à missirah, ils sont alors occupés par leurs cours à l’université et sont par là obligés d’être loin de missirah. Les jeunes qui sont sur place n’ont pas dans la majorité un niveau d’études suffisant pour administrer des associations ni même le temps nécessaire à cela; bien qu’ils sont tous au même niveau d’engagement pour la cause de leur cher Missirah, notre cher Missirah devrai-je dire.

Omar SADIAKHOU, étudiant en Droit, Université Gaston Berger de Saint-Louis.

IMMIGRATION CLANDESTINE au Sénégal: critique de la jeunesse.

L’immigration clandestine est un phénomène récurent dans toute l’Afrique en général, dont les ravages au Sénégal sont particulièrement catastrophiques. Des morts par centaines, des disparus et des traumatisés : le bilan est lourd et les dégâts énormes. Plusieurs chercheurs avancent des hypothèses de sortie de crise, formulent des théories sur les causes explicatives d’un tel fléau. Quoi qu’il en soit, le Sénégal perd, continue de perdre et risque de perdre encore plus si rien n’est fait. Situer les responsabilités, étudier les propositions de perspectives et mettre en œuvre de véritables politiques d’immigration pour stabiliser sa jeunesse et la maintenir sur place, en lui offrant ce à quoi elle aspire à l’extérieur : telle est la tâche à laquelle doit s’atteler le gouvernement sénégalais bien qu’il est plus que nécessaire de faire comprendre aux jeunes les exigences d’un monde en permanent changement et dont les conséquences y relatives contraignent tous les peuples à revoir leur mode vie.

I- De l’impérativité de prendre conscience de l’évolution du monde.

L’Europe, un « el dorado » : une formule révolue !

C’est devenu plus qu’un mythe traduit par la formule dont la teneur suit 《 arrêtez de faire croire aux africains que l’Europe c’est le paradis》. C’est par là un signal est non des moindres, car s’agissant d’un appel à la jeunesse sénégalaise fortement marquées les idées reçues de l’immigration du fait notamment de sa forte et participative diaspora; mais aussi d’un autre à la prise de conscience de la mutation de la société européenne devenue plus vulnérable et protectionniste. En effet l’Europe n’est plus 《abondante 》 comme il y’a 4 à 5 décennies de cela. Depuis la crise économique de 2008, l’Espagne, la France et l’Italie, pour ne citer que ceux-là car principales destinations des Sénégalais candidats à l’immigration clandestine, ont été fortement mis à genoux économiquement. Ces chutes économiques n’ont pas épargné les autres secteurs y dépendant. Cette situation a poussé les Etats Européens à repenser leurs politiques étrangères et d’immigration pour durcir les conditions de séjour des résidents et rendre encore plus fermes et difficiles d’accès leurs frontières. Des mouvements radicaux et racistes de gauche tels que 《defend the europ》 , 《génération identitaire》 pour ne citer que ceux-là ont eu l’audace d’affrimer haut et fort que 《l’europe ne veut plus des africains》 comme pour dire que les problèmes de la population européenne suffissent largement à leurs Etats. Ce protectionnisme est aujourd’hui un fondement du racisme exacerbé en Europe mais qui est pourtant passé sous silence. Ils annihilent tout projet faire sociétéavec les migrants et réclament une Europe aux européens. Ainsi 《touki bitime réwmi》 n’est plus synonyme de 《tékki》. La donne est devenue autre et la suivre dans son évolution un impératif.

Les promesses d’un meilleur avenir de l’Afrique avec ses ressources naturelles.

Les jeunes Africains commettent malheureusement, et c’est avec le cœur serré et meurtri que je trompe ma plume pour le confesser, l’erreur de quitter leurs terres pour aller à la quête de ce que mère nature nous a généreusement offert. Les terres africaines sont extrêmement riches en ressources naturelles : principalement minières et gazières. Le Sénégal est aujourd’hui l’un des plus grands producteurs d’or sauf que la gestion est vicieuse,regrettable et déplorable du fait de la spoliation gouvernementale qui pousse la jeunesse à perdre tout espoir d’en bénéficier à juste titre les ressources humaine sont disponibles en qualité et en quantité mais la néocolonisation subit et consentie par nos dirigeants nous assassine, elle nous suce à mort .

Cependant, ce n’est pas une raison pour abandonner, fuire et s’en aller car ces ressources appartiennent au Sénégal et sa jeunesse en est et demeure l’unique et légitime héritier. Cette richesse naturelle est source de motivation, elle est plus qu’une raison pour rester au pays, lutter et se libérer car 《seule la lutte libère 》nous dit un célèbre adage. Il faut alors prendre en compte de telles reconfigurations.

De telles richesses offrent un avenir à la jeunesse Africaine dans son ensemble et à celle sénégalaise particulièrement. Il fait alors que les jeunes s’adonnent à l’entreprise chez-soi et commencent produire au niveau local. La Chine est maître dans ce domaine. Ce peuple a su rester sur place, entreprendre, travailler sur et honnêtement à la manière allemande, pour rattraper les années de retard de la Chine du fait des deux guerres mondiaux.

II- De l’insuffisance des raisons avancées pour justifier l’immigration clandestine de la jeunesse Africaine en générale.

La précarité, une crise commune aux Etats.

La précarité est naturelle et universelle chez les hommes. Les difficultés de subsistance ont constitué un stimulus aux efforts humains. La précarité pousse les hommes à encore travailler car sûrs de ne pas pouvoir survivre sans travailler. Alors doit-on fuir le Sénégal parceque la vie y est précaire ? Sans appel c’est non. Les difficiles conditions de vie de la population sénégalaise ne suffit à justifier sa 《fuite》. Il faut alors savoir où faire savoir à la jeunesse de notre pays que tous les pays du monde sont confrontés à cette précarité. Certaine couches de la population occidentale sont d’ailleurs plus vulnérables que les nôtres. Il y’a de la précarité partout. À chaque pays ses riches, ses pauvres et ses bidonvilles. Cet ordre de la société, à savoir le faussé entre les differents modes de vie et richesses des uns et des autres difèrent, selon qu’on des d’ici ou d’ailleurs: ça ne change pas. Les exemples de la Somalie, du Liban, de l’Italie, de la Guinée et même de la Grèce illustrent bien cette situation. Les efforts des institutions consacrées à la lutte contre la famine comme le Pam ( Programme Alimentaire Mondial); de l’UNICEF pour la protection et le secours aux enfants encore plus vulnérables et la promotion de leur éducation; les actions en aides humanitaires de la croix rouge entre autres vont dans ce sens. Leurs interventions dans les quatre coins de la planète signifient que les pays souffrent d’un même problème : la précarité. L’Allemagne tout comme la Chine, la corée du Nord et le Rwanda ont montré que malgré les ravages causés par les guerres, bombardements, dictatures et génocides, une jeunesse responsable, décomplexée et travailleuse peut s’en sortir. Dévastés par les guerres, ces peuples ont travaillé chez eux et leurs pays occupent aujourd’hui des rangs enviables dans les classements mondiaux.

L’incompétence politique, une faille commune à tous les Etats.

Aucun Etat n’assure aujourd’hui pleinement la subsistance à sa population. Les politiques qu’ils développent ont d’autres desseins que ceux qui sont avancés. Prisonniers des institutions internationales de finances, les gouvernements n’ont pas de mots. Ils suivent à la lettre les institutions de ces dernières sans objections. Les taux d’intérêt qui leurs sont imposés sont mortels et asphyxient toute politique publique au vrai sens du terme. Les indications du Fmi, de la banque mondiale ainsi que les groupes consultatifs comme celui de Paris, le G8, le G20,… ne sont ni adaptées aux besoins des populations des pays demandeurs d’aides et d’emprunts; ni même aux termes de référence des demandes de prêt. C’est là alors une manière de dire que l’Etat sénégalais est comme tous les autres Etats.

Perspectives pour une nouvelle donne : promouvoir l’éducation et l’enseignement; et développer des antichambres.

Il faut organiser les secteurs formels comme informels de sorte qu’ils soient plus accessibles aux jeunes et plus fructueux et prometteurs. Le Sénégal a de réels potentiels en ressources naturelles et humaines aptes à relever ce défi. Il faut réactiver les antichambres que sont l’élevage et l’agriculture et la pêche qui sont les meilleurs porteurs de l’économie sénégalaise. Les terres et eaux sénégalaises sont généreuses, alors il faut investir dans les équipements et matériels de dernière génération mais aussi industrialiser ces secteurs par la construction de quais de pêche et d’usines de transformation. Il faut par ailleurs promouvoir la formation professionnelle et réformer les systèmes scolaires et universitaires pour une meilleure employabilité des diplômés sénégalais. Cela doit passer par un changement profond des programmes enseignements dans nos écoles et universités en les réactulisant et en y intégrant davantage l’Afrique et le Sénégal mais aussi définir par ordre de priorité les matières et spécialités adaptées à notre époque : relations internationales, numériques, physique et chimie, médecine,… Telles sont des perspectives pour sortir la jeunesse sénégalaise de cette situation.

Naufrage institutionnel au sommet de l’Etat.

L’État moderne trouve ses lettres en ce qu’il ne centralise pas le pouvoir aux mains d’un seul homme, un seul chef. Son organisation se caractérise par une règle de spécialisation et d’indépendance dans l’attribution des différentes tâches qui lui sont dévolues. Ces règles découlent du principe d’or que Montesquieu a eu la générosité intellectuelle de léguer à nos sociétés. À son sens, c’est le modèle type d’une bonne gouvernance et d’une recherche d’équilibre entre les pouvoirs. C’est en cela que dans la forme républicaine de son État, le Sénégal a institué trois pouvoirs distincts pour former son corps étatique : le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif. Cependant la politique d’aujourd’hui ou la politique au sens de la pratique sénégalaise de cette activité laisse à croire que cette théorie est en crise pour de nombreuses raisons. De ce fait nous verrons dans l’actualité les institutions constitutionnelles du Sénégal leurs natures et attributions (I), dont le fonctionnement normal est aujourd’hui en agonie pour de nombreux facteurs passés et présents (II) et pour finir nous jetterons un regard croisé sur certains contextes et évènements supplémentaires qui viennent accentuer ce naufrage institutionnel (III).

I / Les institutions de la république aux termes de l’article 6 de l’actuelle constitution du Sénégal.

《 Article 6 : les institutions de la république sont : – le président de la république – l’assemblée nationale – le gouvernement – le haut conseil des collectivités territoriales – le conseil économique, social et environnemental – le conseil constitutionnel, la cour suprême, la cour des comptes et les cours et tribunaux. 》 tel est le contenu de l’article sur nos institutions.

Il convient ici de rappeler que le premier ministre ou la primature n’est plus une institution constitutionnelle. Sa ressuppression en 2019 l’a raillée de cette liste. Aujourd’hui, sa restauration est devenue une réalité, une nécessité et un besoin vital pour la bonne coordination de l’action gouvernementale. Les évidences créées par l’étouffement dont est victime la présidence sont claires et nettes. A cet effet, le directeur du centre d’étude et de recherche sur l’ingénierie juridique et financière, le Professeur Abdou Aziz Daba Kébé, a consacré un article pertinent aux conséquences de la supression du dit poste. Seulement il faut souligner que cette restauration est matérielle impossible pour des raisons politiques et non juridiques car la constitution est toujours modifiable si la clause visée n’est pas intangible. Le contexte politique ne favorise pas une restauration de la primature même s’il semble en exprimer le besoin. Elle constituerait un aveu d’échec pour le président Macky Sall.

Les institutions que sont le conseil économique, social et environnemental et le haut conseil des collectivités territoriales sont consacrées par la constitution mais n’ont ni la même nature ni les mêmes attributions que les autres institutions que sont l’assemblée nationale, le président de la république, le conseil constitutionnel, la cour suprême, la cour des compte, les cours et tribaux.

Les premières citées sont consultatives et ont pour unique mission de réfléchir sur des politiques publiques sur l’économie, le social, l’environnement (pour le cese) et sur la décentralisation et les questions de politique territoriale (pour le hcct). Les rapports qu’elles produisent ne peuvent ni lier le président de la république ni constituer un obstacle rédhibitoire à sa politique nationale.

À la différence de celles-ci, les institutions judiciaires n’ont pas une nature consultative mais plutôt elles disposent de compétences d’attribution. Les actes qu’elles émettent s’imposent aux pouvoirs publics sauf dans des cas exceptionnels. Ainsi en règle générale, elles ont de l’autorité et constituent le corps du pouvoir judiciaire.

L’assemblée nationale est quand à elle le socle du pouvoir législatif. Elle est au même titre et rang que les pouvoirs exécutifs et judiciaires. Sa mission classique qui est de légiférer demeure toujours à côté d’autres tâches comme le contrôle de l’activité gouvernementale et l’évaluation des politiques publiques. Son fonctionnement est indépendant de celui des autres institutions.

Cependant les phénomènes politiques et parfois sociaux du Sénégal donnent une autre disposition de cet ordre. Ils sont divers et ont trait à beaucoup de facteurs. Tel sera le sujet de la partie qui suit.

II/ Les facteurs directs du naufrage institutionnel du sénégal.

Une assemblée nationale devenue l’abbatoire pour l’exécutif. L’histoire politique du Sénégal a connu de nombreuses phases sombres tant du fait des gouvernants à travers les differents régimes qui se sont jusqu’à présent succédés à la tête du pays, que par son peuple lui-même qui a lui aussi quelques fois versé dans la bassesse. Les hommes politiques sénégalais se sont illustrés dans l’art d’instrumenter aussi bien les institutions que les appareils et moyens que le vote des sénégalais les a confié. Ils utilisent les moyens techniques et financiers de l’Etat aux fins de satisfaire leurs besoins personnels et ceux de leurs familles politiques. L’assemblée nationale réputée organe chargé de contrôler l’action gouvernementale triplée d’une mission classique de légiférer et d’évaluation des politiques publiques n’a pas su dans la plupart du temps assurer et assumer ce rôle. Elle a failli dans l’exercice de ses fonctions. Les députés sénégalais, surtout ceux des XIIème et XIIIème législatures ne sont pas bons élèves en la matière. Les parlementaires de ces deux générations parlementaires ne sont pas à copier. Entre fonctionnement mécanique et forcing, nos députés se dévoilent. Sur ce sujet, l’exécutif est devenu un atelier législatif, lequel conçoit, pense et théorise les lois. Les députés occupent alors la charge de liquidateurs ou d’executeurs voire des robots parlementaires. Le forcing est leur marque. Les exemples frappants du vote sans débat de la loi sur le parrainage intégral au sénégal et la levée de l’humanité parlementaire de l’ancien maire de Dakar, M. Khalifa Ababcar Sall. L’histoire retiendra ces mauvaises prestations du législatif Sénégalais. A ces raisons s’ajoute le monocentrisme de l’exécutif sur le fonctionnement général des institutions. Nos présidents, de Senghor à Macky, ont tous développés une sorte de suprématie présidentielle. La constitution leur accorde d’énormes pouvoirs de ceux élémentaires à ceux exceptionnels, et sur ce, le débat sur une révision en baisse ou sur mesure de ces extra-pouvoirs est posé et continue d’alimenter les plumes. En plus de ces pouvoirs, ils donnent l’impression d’être encore plus affamés. Faut-il les enseigner la sagesse et l’élégance républicaine ou encore le dicton célèbre de Lord Acton 《 le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend absolument fou》 ou leur dire que 《trop de pouvoirs rend le pouvoir mauvais 》. Et le juge Kéba Mbaye, dans sa leçon inaugurale sur 《l’éthique, aujourd’hui》, livrée en 2005 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, nous a beaucoup invité à 《servir au lieu de se servir》. Le concours actuel de notre quotidien politique semble dénué de cette leçon.

III / Les facteurs d’accentuation.

L’agissement des politiques sous un angle global est à distinguer de celui sous un autre plus réduite dans lequel les responsabilités seront situer selon les actes posés à titre personnel. Sous ce rapports, au cours, de ces dernières années, les responsables de certaines institutions, non des moindres, on gagné le prix de 《meilleur couleur d’institutions 》. Du président Abdoulaye Wade au président Macky Sall, beaucoup de scandales, dont il convient de rappeler les plus marquants ainsi que leurs l’incidence, ont frôlé la toile.

Des ministres arrogants, le Sénégal en a beaucoup connu. Ces derniers titulaires d’un pouvoir délégué par le peuple ont fait du pays, de notre pays une chose personnelle. D’abus d’autorité à détournement de deniers publics en passant par des sextapes et autres mésaventures insolites notre histoire politique est de ce côté laide. Me Wade à la barre, le père du dire et du redire : 《 ma waxone waxète》 une formule encore fraîche dans les mémoires. La parole politique venait de recevoir un sacré coup et par là même un exemple de discrédit donné aux ministres. Faut-il oublier le jadis grand Farba Senghor, ce monsieur qui s’est pris pour le messie du peuple sénégalais. Une sorte de super-ministre je voulais dire. La liste est longue mais il fait tout de me rappeler que le ministre Ousmane Ngom s’est malheureusement comporté de la même sorte. Il faut le 《propriétaire de Dakar》. Au regard de tous ces faits histo-politques, devenir ministre au Sénégal est synonyme alors de puissance. L’institution est alors transformée en bien personnel que l’on peut utiliser à son guise à des fins personnelles et nocives au peuple. L’architecture gouvernementale se transforme ainsi en arène animée par les normalement 《guerriers du peuple 》 contre le peuple. Mais comme on le dit l’histoire donne toujours raison et révèle au grand jour les actes des uns et autres. L’héritage de l’incompétence a bien été attribué au futur. Le régime de Macky a vu les ministres et directeurs généraux les plus incompétents, arrogants et spolieurs diriger le pays. Justice instrumentalisée, médias corrompus et ressources spoliées tel est le champs sémantique du Sénégal d’aujourd’hui. L’assemblée nationale qui est la voix par excellence du peuple est devenue timorée à son plus bas niveau. Confinée dans un champs de compétence réduit de par sa propre logique de silence et d’ 《amicalisation》 de ses rapports avec l’exécutif, elle n’existe aujourd’hui que de nom. Du contrôle de l’action gouvernementale à la mission d’évaluation des politiques publiques récemment introduite dans sa liste de fonctions ( voir la révision constitutionnelle de mars 2016 ), en passant par les missions de légiférer, la troupe à Niasse n’est d’aucune utilité. La suppression du poste de premier à fait basculer le régime politique de notre dans un régime présidentialiste qui ne dit pas son nom pour certains; et pour d’autres, c’est tout simplement un régime sémi-présidentiel soutenu par des ambitions de présidentialisme dur. Sa conséquence institutionnelle directe est l’annihilation des moyens de pression dont disposaient les députés pour contraindre, au cas échéant, le gouvernement à faire se redresser, se ressaisir dans le l’intérêt général de la nation et vice-versa. Ainsi aucun ministre n’est aujourd’hui responsable devant le parlement encore moins le président de la république. A cela, il fait ajouter enfin le coup mortel que l’actuel et le quasi-éternel président de l’assemblée nationale, en l’occurrence M. Moustapha Niass, vient de donner à la séparation des pouvoirs en faisant de ladite assemblée une institution consultative, par la remise du rapport parlementaire final sur le plan Orsec. C’est grave, c’est inédit et c’est extraordinaire.

Des dialogues et assises nationaux au Sénégal : une perte de temps ?


Le Sénégal s’est forgé une belle réputation de pays stable avec son modèle démocratique qui sort exceptionnel du lot des pays de l’Afrique de l’ouest, que l’on prend souvent comme baromètre pour mesurer ses avancées et reculs démocratiques. Il a su se doter d’un tel système, quoique parfois manquant, surtout parceque son peuple a toujours fait preuve de maturité, de solidarité et d’union indépendamment des rivalités politiques qui l’ont conduit dans des cas à la rupture. Ces politiques se sont quand à eux toujours bien illustrés dans l’art du discours politicien souvent camouflé par des appels aux dialogues ou assises qui, en dehors des concertations records initiées, en 1992, par le Président de la république d’alors M. Abdou Diouf, dont le fruit remarquable est resté dans les annales de notre histoire politique : le code électoral de 1992. Cest donc dire qu’en règle générale, les dialogues Nationaux et assises initiés par les differents régimes n’ont presque jamais pu atteindre les résultats attendus d’eux et ce, pour de nombreuses raisons que nous allons évoquer ci-bas.

*Le discrédit des politiques aux yeux de leurs pairs.

Si la tradition sur la politique politicienne voudrait que le manque de confiance vient des rapports qui lient le peuple à ses hommes politiques, le cas du Sénégal est un peu plus particulier en ce que le manque de confiance est beaucoup plus notable entre ses hommes politiques eux-mêmes qu’entre eux et le peuple. En effet cela est dû au fait que ces derniers ont dans la plupart des cas d’abord cheminés ensemble avant de finir par se séparer, se lâcher voire s’opposer. Ainsi ayant parcouru les couloirs sombres de la scène politique à travers des élections aux résultats controversés, des initiatives réformatrices aux motivations suspicieuses entre autres magouilles, ces derniers se connaissent tellement bien qu’il leur est impossible de s’asseoir, discuter et trouver un consensus sur des questions d’intérêt public et de portée nationale. Voilà d’ailleurs les raisons pour lesquelles le Président actuel, M. Macky Sall, n’a pas pris part aux assises nationales de 2008, initiées par le Président Abdoulaye Wade, le président d’alors, et dont les travaux ont été dirigés par la commission Amadou Makhtar Mbow. Ayant été mentor et poulain; patron et employé; candidat et directeur de campagne; Président et directeur de cabinet, ministre dans différents départements puis premier ministre et enfin président de la république et président de l’assemblée nationale, Abdoulaye Wade et Macky Sall ont su apprendre à se neutraliser politiquement et stratégiquement, cela est donc à l’origine du climat de méfiance entre eux deux et très respecté de part et d’autres. Les deux étaient et restent alors suffisamment outillés pour se prévenir des ruses venant de l’autre, les uns des autres et savoir alors les éviter. Ces exemples sont quelques parmi tant d’autres comme l’institution de la loi sur le parrainage intégral au Sénégal. Cette loi restera dans les annales pour n’avoir fait l’objet d’aucune forme de consensus et ce, allant de son initiative à sa promulgation en passant par son adoption et son vote sans débat. C’était un bon moment pour le régime en place de faire preuve de maturité republicain et d’honnêteté démocratique en conviant les autres acteurs à un débat au préalable. Mais tel n’a pas été le cas. C’est seulement après les élections que l’idée d’un dialogue national a été lancé, quelle perte de temps !

*Le mauvais choix des contextes pour appeler au dialogue.

Les dialogues, en démocraties, ne sont consolidantes et ne peuvent être comme telles que si on leurs fait jouer 《 des fonctions thérapeutiques des crises politiques 》 comme l’aurait dit le doyen, Professeur Babacar Kanté. Hors de cette logique, elles n’ont aucune incidence progressiste et utile pour le processeurs démocratique. C’est justement cette lamentable incapacité de nos dirigeants à situer les dialogues dans leurs contextes qui fait que l’échec est le résultat de bon nombre d’eux. C’est dans des situations extrêmes et toujours en derniers recours, suite à des manifestations, boycotts et/ou menaces de boycott, voire même de sérieux parfums d’insurrection que le régime sur place finit souvent par céder et appeler au dialogue. Une telle pratique n’est pas la bonne ni même souhaitable pour un pays tel que le Sénégal. L’idée sous-tendue par un dialogue de nature politique est celle de manifester la bonne foi des acteurs politiques et toutes les forces vives de la nation dans leurs participations au règlement des insuffisances du système politique et institutionnel, dans une logique inclusive et préventive de malentendus et non celle de guérison des conflits et de mettre le peuple devant le fait accompli. Là est une des causes de l’échec des dialogues politiques au Sénégal.

*Le choix inapproprié des membres des comités de pilotage.

Souvent la direction des travaux des dialogues nationaux est confiée à des comités organisés en sous-commissions pilotés eux-mêmes par un comité de pilotage. La structure de ces comités n’est pas problématique quelle que soit leur forme, mais il n’en est de même pour les personnalités en charge de leurs directions. Ces personnes, personnages ou personnalités, c’est selon l’idée qu’en ont les uns et les autres, sont le plus souvent inconnus du peuple et n’ont aucune empreinte dans l’histoire politique du Sénégal et dans aucune phase de son processus démocratique. A cela il s’y ajoute les suspicions souvent créées autour d’eux soit par les primes qui leurs sont alloués et qui amène à penser qu’ils sont plus dans le lucratif que le patriotisme, soit encore par leur appartenance politique à un des partis au dit dialogue… Pour ces raisons, combinées au manque de confiance entre lui et les politiques de l’opposition, le dialogue politique initié par le Président Macky Sall n’a pas pu porter à proprement ses fruits. Il faut ajouter à ses facteurs, le fait regrettable et désolant que nos régimes portent toujours le choix sur les finalités des travaux qui les arrangent et non les rapports finaux des comités dans leur intégralité. Cela s’est passé avec la CNRI (commission nationale de réformes des institutions) dont le rapports est salutaire dans son contenu par la richesse de ses points et qui malheureusement n’ont jusque-là été mise en œuvre que partiellement et même comme ça mal en plus. Cette lourde erreur sur le profil des personnalités devant composer les commissions de pilotage des dialogues nationaux est devenue inhérente, habituelle et nos régimes donnent l’impression d’être incorrigibles là-dessus. La preuve est le nomination de M. Famara Ibrahima Sagna pour conduire le dialogue national auquel le président Macky Sall a convié après sa réélection en 2019, les partis, les coalitions politiques, la société civile et toutes les autres forces vives de la nation. Le dialogue n’a jamais pu donner quelque de satisfaisant et semble même être mort-né. La participation de tous les principaux acteurs de la scène politique n’a pas été effective car les poids lourds de l’opposition, s’il convient de les appeler ainsi, n’ont pour la plupart pas pris part aux débats. Ainsi le choix décrié de la personne de Famara Ibrahima Sagna a constitué un blocage pour l’aboutissement normal déduit dialogue. Il vient s’ajouter à cela, la questions des primes per-diems qui a provoqué le départ de certains cadres du dialogue. L’histoire se répète et les leçons ne se tirent pas.

Omar SADIAKHOU, étudiant en Droit, UGB.

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