MISSIRAH (tamba), gestion politique chaotique et alternatives populaires.

AVERTISSEMENTS : L’objet de cet article est d’exposer la situation actuelle de la commune de Missirah en général et particulièrement le village de Missrah (située à une trentaine de kilomètres de Tamba). Les arguments qui y sont développés restent dans une ligne d’objectivité scientifique et de neutralité absolue; toutes deux adossées à une claire honnêteté intellectuelle. Cela exclut dès lors toute idée de personnalisation et met ainsi en garde contre tout usage des termes y contenus à d’autres fins que celles d’éclairer la population de Missirah sur des questions politiques, lesquelles concernent directement sa propre commune, son propre village. De ce fait j’attache une forte désapprobation à toute reprise de mes propos à des fins de propagandes politiciennes car telle n’est pas mon dessein.

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Ainsi pour mieux exposer ce sujet, d’emblée vaste et complexe, il serait important de faire le point sur la situation politique actuelle de missirah par une mise à nue d’une gestion politique assimilée à un chaos (I) avant d’analyser les initiatives prises par la population elle-même en guise d’alternatives aux déroutes politiques (II).

I- La gestion politique chaotique de la commune de Missirah

Il y’a à Missirah un grand fossé entre l’esprit du principe de la décentralisation et sa mise en œuvre. Les attentes, objectifs et valeurs (A) de ce principe sont tout le contraire de la réalité politique à Missirah (B).

A● L’util rappel de l’esprit du principe de la décentralisation

La décentralisation est un principe fondamental de l’Etat unitaire. Elle consiste à la création de collectivités locales pour la gestion des affaires publiques dans une localité donnée.

Dans ses objectifs principaux, on trouve ainsi l’idée d’un désengorgement du pouvoir central en le libérant par un transfert de certaines de ses compétences ou tâches désormais attribuées aux collectivités locales. L’Etat central se libère ainsi d’un certain nombre de travaux en créant des entités locales auxquelles il confère un pouvoir d’exécution accompagné de moyens financiers, matériels et parfois techniques.

Ensuite nous pouvons retenir, l’adaptation des décisions politiques aux demandes sociales. C’est donc dire que les décisions reflètent beaucoup plus les réalités locales lorsqu’elles sont prises sur place. Par cette adaptation, les décisions politiques sont de natures consenties et adéquates car étant conformes de façon précise aux aspirations de la population locale.

Enfin, on notera la proximité politique qui se crée par la décentralisation entre gouvernants et gouvernés; administrateurs et administrés. Dans ce cadre l’action politique est beaucoup plus sentie et présente. Les demandes sociales sont bien reçues dans un temps plus rapide et plus immédiat permettant ainsi un traitement rapide des affaires courantes.

B● La réalité de la vie politique à Missirah

Si le principe de la décentralisation est tel que ci–haut présenté, il faut admettre qu’à missirah sa mise en œuvre est tout sauf une politique de proximité, de désengorgement ou d’adaptation des décisions politiques aux réalités sociales locales. Le bilan est vide voire nul. Et sur ce, je me dis même, sous rapport personnel, que l’érection du village de missirah en commune n’a été d’aucune importance et pire, cela rime avec une réelle régression en terme de développement et, plusieurs points l’expliquent.

D’abord, comme voulu par le mécanisme même de la décentralisation au Sénégal, le transfert de compétences autrefois dévolues au pouvoir central à une collectivité locale, s’accompagne de moyens financiers et parfois techniques dont la gestion est dévolue aux collectivités locales sous un regard inspectif de l’Etat. Sauf que dans ce sens, Missirah n’est pas bon élève. Car si les moyens de l’État sont acquis aux fins de réaliser des ouvrages à utilité publique et mettre en place des programmes ou projets d’utilité publique aussi ; on ne peut faire un tel constat à Missirah. Il y’a alors une fragmentation des moyens sans utiles réalisations. Car il faut le souligner, les mairies tirent un réel profit des taxes et impôts collectés sur les marchés locaux et d’autres secteurs assujettis à leur contrôle. Au surplis, les collectivités gagnent, à travers le concours financier de l’Etat via des mécanismes tels que la CGU (Contribution Globale Unique), la CGF (Contribution Globale Foncière),… lesquelles attribuent 60% des recettes aux collectivités locales contre 40% pour l’État. Cette question des impôts n’est plus des moindres au Sénégal. En effet, dans sa logique d’enrichissement de la constitution dans sa forme sociale, la loi constitutionnelle n°2016-10 du 05 avril 2016 portant révision de la constitution, a apporté parmi ses quinze (15) points, la transformation du droit de payer les impôts en obligation de payer les impôts, une mesure considérée dailleurs comme l’une de ses principales innovations. Cela veut donc dire que depuis 2016 le versement des impôts à l’État et aux collectivités locales est devenu une obligation au Sénégal. À missirah, ces taxes et impôts sont bel et bien payés à travers les entreprises implantées sur place, les différentes cantines implantées sur des espaces appartenant à la commune ou encore les vendeurs qui occupent les marchés. Pour donner une idée sur la question, aujourd’hui il est estimé à plus de 400 vendeurs à tables qui occupent le marché de Missirah, tous soumis à un paiement annuel d’impôts, lesquels sont collectés par les agents municipaux. Il faut ajouter à cela, les entreprises locales qui sont soumises aux mêmes obligations. Et donc, en résumé la dizaine d’entreprises, les 180 et poussières de cantines, les 400 vendeurs à tables et plus de 300 boutiquiers, versent chacun par an, entre 15.000 et 25.000 fcfa aux commissaires de la mairie. La Somme est colossale. Elle est énorme. Et pourtant, aucune réalisation, sensée se faire en contrepartie à l’encaissement de ces sommes colossales n’est aujourd’hui remarquable à Missirah. Ça donne froid aux yeux. Ça dépite et il reste d’autres cas de figures.

L’incompétence des acteurs politiques est alors un fait palpable devenu plus qu’une évidence. La politique au sens missirois est traduit par la formule suivante 《La politique, ma famille》. C’est par là une caracterisation du manque de volonté des acteurs politiques. Et la famille est devenue le rido qui sert à la maquiller et la camoufler pour ne pas en montrer les sombres détails. Il faut changer la donne. Il faut le faire par une véritable initiative de se démarquer des idées passéistes de suivre ses aïeux dans leurs magouilles et logiques de 《personnalisation et de familliarisation》de la chose publique; forcément sans réels fondements.

Cette incompétence politique est poussée à son paroxysme dans le domaine de l’éducation. Là aussi, si ce n’est les gels hydro alcooliques et les quelques masques que les autorités municipales ont pu donné à certaines écoles de la commune, rien d’autre n’est notable comme réalisation phare. C’est regrettable. En parlant de santé, on a les mêmes maux. Les quelques réalisations qui y sont faites sont l’œuvre des immigrés de missirah (centre de santé, ambulance,…). Pourtant le jeune Maire de la toute récente commune de Dialacoto, a bien montré l’exemple en dotant ses écoles d’un lot suffisant d’uniformes scolaires, d’équipements pédagogiques et autres matériels nécessaires au bon déroulement des cours dans les établissements élémentaires et moyens de sa commune. C’est une volonté politique à saluer. Le message lancé à la population de missirah est alors de se passer de sa vielle classe politique et d’aspirer à donner ses chances à la jeunesse.

Cet échec politique n’est pas simplement une question d’incompétence car il y’a aussi un manque de maîtrise des enjeux du monde moderne. Nos politiciens sont de la vielle époque, ils maîtrisent peu de compétences dans l’administration des collectivités. Ainsi il est temps de les changer et de les mettre absolument de côté pour laisser la place à des jeunes aux niveaux d’études plus adaptés et solides pour gérer la commune. Si le mode d’élection des maires ne retient pas essentiellement le critère du niveau et capacité intellectuels, il revient aux populations de faire preuve de maturité, de prendre leur responsabilité et de considérer l’intérêt supérieur de la collectivité pour élire le bon profil. Bon profil en terme d’engagement, de dévouement, de bonne foi, d’honnêteté, d’éthique et surtout de neutralité. C’est un choix qui semble certe difficile en raison de nos fortes considérations mythiques encrées autour de la famille, mais qui est plus que possible d’autant plus que c’est devenu un impératif catégorique pour le développement de Missirah où il n’y a au moment où j’écris ces lignes, aucun centre de formation pour les jeunes. Alors il faut se demander où sont passés tous les fonds versés par l’État en guise d’appui à la commune sur la base des accompagnements financiers dits concours financiers? Dans quoi est donc dépensé tout le budget de la municipalité puisqu’il faut le dire, elles ont une autonomie budgétaire ? Car c’est encore plus difficile à comprendre quand on dévoile que la mise des 《navétanes》 est de 25.000 fcfa et exceptionnellement d’environ 75.000 fcfa à Missirah. Cela n’est pas surprenant car il n’y pas même pas de terrain de football adéquat à missirah ni même un mini stade municipal pour la commune. Mais pourtant encore une fois, la jeunesse, le sport et les loisirs sont compris parmi les neuf (9) domaines de compétences des collectivités locales.

II- La mobilisation populaire en alternative au chaos politique

Heureusement que le développement de notre chère commune ne dépend uniquement pas ses politiciens. Heureusement encore que la population a conscience de cela. Les invitations de la jeunesse locale et de la diaspora à la mobilisation et la conjonction des moyens (A) est ici d’une importance capitale bien que quelques inssufisances semblent gangrener cette voie (B).

A● L’apport des initiatives de la jeunesse missiroise

Premièrement on a la promotion de l’éducation qui, pourtant fait partie des neuf (9) domaines de compétences de l’État que la loi n°96-07 du 22 mars 1996 portant transfert des compétences aux collectivités locales, a attribué aux mairies. Malheureusement à missirah c’est plus par l’action de la jeunesse que des autorités municipales que cette tâche est assurée. C’est en cela que par ses partenariats salutaires, l’association Youbari qui regroupe bon nombre de ressortissants du village de missirah en Espagne, est aujourd’hui entrain d’accomplir un excellent travail au lycée Ex-Cem de missirah, par le construction de Salles de classe. Et moi-même, j’ai durant une partie de mon cycle moyen et seconde appris dans ces salles.

À cela, il faut ajouter les efforts de l’association Bénafa dans l’etretien de l’environnement, du cadre de vie à missirah. Là aussi, l’hygiène, l’habitat, l’environnement et le cadre de vie font partie des neuf (9) domaines de compétences que la loi du 22 mars 1996 attribue aux communes. Par son dévouement et son amour pour sa localité, cette belle et prometteuse association des ressortissants de missirah à travers un peu toute l’Europe et ici même, assure une propreté à la commune. Par ses propres moyens, Bénéfa assure le recyclage des déchets par l’emploie des plusieurs éboueurs dotés de moyens logistiques et d’équipements pour le bon accomplissement de leur mission. C’est la preuve d’un échec politique total à missirah. Sans oublier, nous noterons là aussi que la seule ambulance fonctionnelle au poste de santé de Missirah est le fruit des partenariats de ses immigrés. Toutefois, il faut tout de même souligner quelques manquements à ces initiatives.

B● Les problématiques avec ces initiatives

La première se rapporte à une mauvaise pratique de gérants locaux pour le compte de la diaspora. Ici, un peu à la manière des politiciens, certaines initiatives de la diaspora sont avortées et mises en ballottage par la pratique magouilleuse et vicieuse de ceux à qui leurs gérances sont confiées. Ces derniers sont souvent cités et impliqués dans des affaires de détournements et d’escroqueries. Ils annihilent toute ambition d’investir dans sa localité car usant des moyens et deniers publics à des fins personnelles. C’est une forme de rupture de confiance et de la volonté de travailler chez soi et de faire travailler les siens.

L’autre problème notable est le manque de suivi des associations créées sur place. Plusieurs associations à buts non lucratives, qui ambitionnent de mener des missions pour la cause sociales sont soit mort-nées soit s’éteignent tacitement. Par ma poste de Président que j’occupe dans l’une d’elles, je me crois bien placé pour abordé la question. Ce manque de suivi ne doit cependant pas être assimilé à un manque de volonté et à une intrusion de mauvaises intentions dans la conduite des activités. Souvent, la direction de ces associations est assurée par des jeunes qui par leur statut d’étudiants ne peuvent passer beaucoup de temps à missirah, ils sont alors occupés par leurs cours à l’université et sont par là obligés d’être loin de missirah. Les jeunes qui sont sur place n’ont pas dans la majorité un niveau d’études suffisant pour administrer des associations ni même le temps nécessaire à cela; bien qu’ils sont tous au même niveau d’engagement pour la cause de leur cher Missirah, notre cher Missirah devrai-je dire.

Omar SADIAKHOU, étudiant en Droit, Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Publié par Omar SADIAKHOU

Omar SADIAKHOU, étudiant en Droit à l'université Gaston Berger de Saint-Louis.

16 commentaires sur « MISSIRAH (tamba), gestion politique chaotique et alternatives populaires. »

  1. Tu as peint un tableau qui est pratiquement le meme dans toutes les communes made off l’acte 3 de la decentralisation. Je te jure qu’il ya pire ailleurs. Dans le departement de tamba, comme tu l’as souligné Bafodé de dialacoto et son equipe affiche un visage seduisant. Je suis jeune enseigant dans la commune de Ndoga.Babacar, et là aussi j’ai vu de bonnes choses que leur maire et son board sont en train de realiser. Devines.quoi, les deux mairies précitées ont quelque chose en commun: De jeune maire dirigent Ces deux collectivités. C’est donc.dire que je.te rejoint quand tu as en substance ecrit que la jeunesse assure mieux que les roliques politiques.
    Keep it high bro, I really appreciate your articles… Never compromise

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      1. Votre justification sur l’échec devrais je dire de la CAMIJ ne me séduit pas.
        Sur la question je sais que tu peux mieux faire pour sauver cette belle initiative.
        Parce que là elle est morte d’aprés ce que je vois.
        Pourtant c’était trés bien parti.

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      2. Oui c’était bien partie et jusqu’à présent l’association est en vie sauf que les nombreux départs au sein du bureau et d’autres facteurs ont complètement reclassés les cartes. Il faut un temps assez large pour redynamiser le groupe et là c’est ce dont ce que les autres membres encore là et moi manquons.

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  2. J’ai bien admirer frère, en passant l’élégance d’un vocabulaire tout de compréhension immédiate et des figures de style…. Force a toi OMAR .
    Pour changer la donne , il faudrait dresser une liste aussi précise que possible des difficultés réelles pour espérer modifier le cours des choses à Missirah.

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    1. Merci mon grand Toumany comme d’habitude.
      Et oui vous avez raison sur le point de déterminer de façon précise les véritables problèmes de missirah. Mais cela aussi est difficile dans la mesure où rien n’a été fait depuis plus de 20 ans, alors tout est un problème.

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  3. Mas sha allah!! Agréablement surpris par ton analyse méticuleuse, la cohérence de tes idées et la pertinence de ton argumentaire.
    Tout développement passe d’abord par la prise de conscience. Mes encouragements.
    Et ce fut un plaisir de te lire comme toujours Maître.

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