Le Sénégal s’est forgé une belle réputation de pays stable avec son modèle démocratique qui sort exceptionnel du lot des pays de l’Afrique de l’ouest, que l’on prend souvent comme baromètre pour mesurer ses avancées et reculs démocratiques. Il a su se doter d’un tel système, quoique parfois manquant, surtout parceque son peuple a toujours fait preuve de maturité, de solidarité et d’union indépendamment des rivalités politiques qui l’ont conduit dans des cas à la rupture. Ces politiques se sont quand à eux toujours bien illustrés dans l’art du discours politicien souvent camouflé par des appels aux dialogues ou assises qui, en dehors des concertations records initiées, en 1992, par le Président de la république d’alors M. Abdou Diouf, dont le fruit remarquable est resté dans les annales de notre histoire politique : le code électoral de 1992. Cest donc dire qu’en règle générale, les dialogues Nationaux et assises initiés par les differents régimes n’ont presque jamais pu atteindre les résultats attendus d’eux et ce, pour de nombreuses raisons que nous allons évoquer ci-bas.
*Le discrédit des politiques aux yeux de leurs pairs.
Si la tradition sur la politique politicienne voudrait que le manque de confiance vient des rapports qui lient le peuple à ses hommes politiques, le cas du Sénégal est un peu plus particulier en ce que le manque de confiance est beaucoup plus notable entre ses hommes politiques eux-mêmes qu’entre eux et le peuple. En effet cela est dû au fait que ces derniers ont dans la plupart des cas d’abord cheminés ensemble avant de finir par se séparer, se lâcher voire s’opposer. Ainsi ayant parcouru les couloirs sombres de la scène politique à travers des élections aux résultats controversés, des initiatives réformatrices aux motivations suspicieuses entre autres magouilles, ces derniers se connaissent tellement bien qu’il leur est impossible de s’asseoir, discuter et trouver un consensus sur des questions d’intérêt public et de portée nationale. Voilà d’ailleurs les raisons pour lesquelles le Président actuel, M. Macky Sall, n’a pas pris part aux assises nationales de 2008, initiées par le Président Abdoulaye Wade, le président d’alors, et dont les travaux ont été dirigés par la commission Amadou Makhtar Mbow. Ayant été mentor et poulain; patron et employé; candidat et directeur de campagne; Président et directeur de cabinet, ministre dans différents départements puis premier ministre et enfin président de la république et président de l’assemblée nationale, Abdoulaye Wade et Macky Sall ont su apprendre à se neutraliser politiquement et stratégiquement, cela est donc à l’origine du climat de méfiance entre eux deux et très respecté de part et d’autres. Les deux étaient et restent alors suffisamment outillés pour se prévenir des ruses venant de l’autre, les uns des autres et savoir alors les éviter. Ces exemples sont quelques parmi tant d’autres comme l’institution de la loi sur le parrainage intégral au Sénégal. Cette loi restera dans les annales pour n’avoir fait l’objet d’aucune forme de consensus et ce, allant de son initiative à sa promulgation en passant par son adoption et son vote sans débat. C’était un bon moment pour le régime en place de faire preuve de maturité republicain et d’honnêteté démocratique en conviant les autres acteurs à un débat au préalable. Mais tel n’a pas été le cas. C’est seulement après les élections que l’idée d’un dialogue national a été lancé, quelle perte de temps !
*Le mauvais choix des contextes pour appeler au dialogue.
Les dialogues, en démocraties, ne sont consolidantes et ne peuvent être comme telles que si on leurs fait jouer 《 des fonctions thérapeutiques des crises politiques 》 comme l’aurait dit le doyen, Professeur Babacar Kanté. Hors de cette logique, elles n’ont aucune incidence progressiste et utile pour le processeurs démocratique. C’est justement cette lamentable incapacité de nos dirigeants à situer les dialogues dans leurs contextes qui fait que l’échec est le résultat de bon nombre d’eux. C’est dans des situations extrêmes et toujours en derniers recours, suite à des manifestations, boycotts et/ou menaces de boycott, voire même de sérieux parfums d’insurrection que le régime sur place finit souvent par céder et appeler au dialogue. Une telle pratique n’est pas la bonne ni même souhaitable pour un pays tel que le Sénégal. L’idée sous-tendue par un dialogue de nature politique est celle de manifester la bonne foi des acteurs politiques et toutes les forces vives de la nation dans leurs participations au règlement des insuffisances du système politique et institutionnel, dans une logique inclusive et préventive de malentendus et non celle de guérison des conflits et de mettre le peuple devant le fait accompli. Là est une des causes de l’échec des dialogues politiques au Sénégal.
*Le choix inapproprié des membres des comités de pilotage.
Souvent la direction des travaux des dialogues nationaux est confiée à des comités organisés en sous-commissions pilotés eux-mêmes par un comité de pilotage. La structure de ces comités n’est pas problématique quelle que soit leur forme, mais il n’en est de même pour les personnalités en charge de leurs directions. Ces personnes, personnages ou personnalités, c’est selon l’idée qu’en ont les uns et les autres, sont le plus souvent inconnus du peuple et n’ont aucune empreinte dans l’histoire politique du Sénégal et dans aucune phase de son processus démocratique. A cela il s’y ajoute les suspicions souvent créées autour d’eux soit par les primes qui leurs sont alloués et qui amène à penser qu’ils sont plus dans le lucratif que le patriotisme, soit encore par leur appartenance politique à un des partis au dit dialogue… Pour ces raisons, combinées au manque de confiance entre lui et les politiques de l’opposition, le dialogue politique initié par le Président Macky Sall n’a pas pu porter à proprement ses fruits. Il faut ajouter à ses facteurs, le fait regrettable et désolant que nos régimes portent toujours le choix sur les finalités des travaux qui les arrangent et non les rapports finaux des comités dans leur intégralité. Cela s’est passé avec la CNRI (commission nationale de réformes des institutions) dont le rapports est salutaire dans son contenu par la richesse de ses points et qui malheureusement n’ont jusque-là été mise en œuvre que partiellement et même comme ça mal en plus. Cette lourde erreur sur le profil des personnalités devant composer les commissions de pilotage des dialogues nationaux est devenue inhérente, habituelle et nos régimes donnent l’impression d’être incorrigibles là-dessus. La preuve est le nomination de M. Famara Ibrahima Sagna pour conduire le dialogue national auquel le président Macky Sall a convié après sa réélection en 2019, les partis, les coalitions politiques, la société civile et toutes les autres forces vives de la nation. Le dialogue n’a jamais pu donner quelque de satisfaisant et semble même être mort-né. La participation de tous les principaux acteurs de la scène politique n’a pas été effective car les poids lourds de l’opposition, s’il convient de les appeler ainsi, n’ont pour la plupart pas pris part aux débats. Ainsi le choix décrié de la personne de Famara Ibrahima Sagna a constitué un blocage pour l’aboutissement normal déduit dialogue. Il vient s’ajouter à cela, la questions des primes per-diems qui a provoqué le départ de certains cadres du dialogue. L’histoire se répète et les leçons ne se tirent pas.
Omar SADIAKHOU, étudiant en Droit, UGB.
Justement mon Avocat comment vois le dialogue national initié par le Président Macky SALL?
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Merci beaucoup. Rien d’autre si ce n’est la regret qu’il ait repris les mêmes erreurs que j’ai essayé de relater tout au long de mon argumentation.
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Mashalah mon klass et frère très fière ,bonnne continuation one love.
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Merci mon frère
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Nice article bro…
Les dialogues politiques c’est juste du verbiage, rien de plus.
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Merci beaucoup
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Une très belle plume d’un jeune étudiant très talentueux.
Je te souhaite une bonne continuation.
Je lis tes articles depuis la France.
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Merci beaucoup grand Toumany
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Chapeau mon neveu à moi
Belle plume
Bon vent
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Merci beaucoup oncle
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C’est une excellente analyse mon frère, je vous suggère de le faire sous format PDF.
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D’accord je prends note.
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Vraiment c’est impressionnant ça m as permis de connaître des choses que je savais pas sur la vie politique sénégalaise ,moi c’est toi mon idole en droit
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Bonjour @MameDiara merci beaucoup pour votre réaction. C’est en fait l’objectif de l’article, interpeler les gens sur des questions fondamentales de la politique au Sénégal.
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Respect et Considération frére des idées au top mashahallaaa promo
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Un grand merci à vous aussi frère, promo @SaliouNdiaye.
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